Histoire
Les huit trolleybus Saurer 33 à 40 devaient être mis en service à la fin de 1964 pour remplacer les tramways. Cependant, quelques défauts de jeunesse retardèrent la mise en service de l’ensemble de la série, ajournant ainsi la fin des tramways au 31 mars 1965. En attendant, les premières unités purent faire leurs preuves sur la ligne Vignettaz - Schönberg (numérotée en ce temps-là « 4/7 », aujourd’hui « 2 »).
Par la suite, ces trolleybus circulèrent prioritairement sur les deux lignes principales, la ligne citée précédemment, ainsi que la ligne Pérolles - Tilleul - Cimetière (ligne « 2/1 »et « 2/3 », aujourd’hui « 1 »). Jusqu’en 1980, leurs escapades sur la ligne du Jura (ligne 8/9, aujourd’hui « 3 ») furent relativement rares.
Cure de jouvence
Dès le début des années 80, l’ensemble de la série reçut pour ses 20 ans une grande révision (immobilisation du véhicule pendant 6 mois), permettant de prolonger sa durée de vie de 15 ans. A cette occasion, le nouveau schéma de couleur introduit en 1983 avec les premiers autobus articulés leur fut appliqué, leur procurant ainsi une nouvelle fraîcheur.
Les premiers départs à la retraite
Alors que trois véhicules de cette série furent déjà retirés du service en 1993, d’autres ont suivi le pas en mai 2000. Il ne restait dès lors plus que les trolleybus nos 34 et 40, limités à la « ligne musée » (ligne 3 Jura).
En juillet 2001, les véhicules du réseau urbain furent renumérotés, par adjonction d’un chiffre 3 devant le numéro existant des véhicules à deux essieux (les numéros des bus articulés passèrent de 1xx à 5xx).
La fin
Les deux derniers trolleybus Saurer, ainsi que les 2 Volvo de 1981, auraient dû rester en service sur la ligne 3 jusqu’à l’arrivée des nouveaux bus bimodes en automne 2003. Cependant, il devenait de plus en plus difficile de maintenir en service de manière fiable ces véhicules dont l’installation électrique accuse plus de 35 ans d’âge (voir nouvelle brève du 5.9.2002).
Hors il se trouvait que les transports lausannois retiraient du service des trolleybus « UST » à 2 essieux encore en parfait état de marche. Ainsi le 29 novembre, les Saurer 34 et 40 sont allés rejoindre les autres véhicules dans leur remise, attendant un éventuel acquéreur.
Nouvelle vie
Pour le Club du Tramway de Fribourg, il a toujours été évident qu’un véhicule de cette série devait absolument être préservé à Fribourg. Les arguments ne manquent pas : fier représentant de l’industrie helvétique des années 60, côtoiement des tramways avant de les remplacer, partie intégrante du paysage quotidien fribourgeois pendant plus de 35 ans, etc. Dès la fin mars 2003, le trolleybus No 34 sera propriété du Club du Tramway de Fribourg. C’est aussi l’acteur principal de l’excursion en trolleybus organisée en juin 2000, et le dernier de la série qui avait circulé sur la ligne 1 et sur la ligne 3.
Caractéristiques
Ces véhicules faisaient partie d’une commande commune avec les Transports de Neuchâtel. Cependant, les 10 unités (nos 31-40) destinées à cette dernière compagnie étaient largement calquées sur leur série précédente (nos 21-30) construite en 1956. Ainsi, la version fribourgeoise se distinguait entre autres par une conception technique de la carrosserie plus moderne (forme très semblable, mais portes en aluminium, fenêtres avec joins en caoutchouc, porte centrale double), une commande par 2 pédales au lieu de 3, ainsi qu’un dispositif électronique de régulation de l’accélération. La version neuchâteloise était conçue pour tracter une remorque.
| Châssis | Saurer 4 TP 54 |
| Année de mise en service | 1964 |
| Constructeurs | Mécanique : Saurer, électricité : Sécheron, carrosserie : Hess |
| Longueur | 11.16 m |
| Empattement | 5.40 m |
| Largeur | 2.40 m |
| Poids | 9.6/16.5 to |
| Puissance | 150 CV |
| Vitesse max | km/h |
| Places | 90 dont 21 assises |
Ces véhicules contrastaient énormément avec les vieux tramways qu’ils ont remplacés : fonctionnement silencieux et sièges rembourrés. Ce furent les premiers véhicules routiers TF équipés de 3 portes, de sableuses et d’un indicateur de ligne arrière à rouleau.
Par contre, par grands froids, ils étaient peu appréciés : le chauffage n’était pas très puissant, et l’eau de condensation dans les conduites d’air comprimé gelait, ce qui durcissait considérablement la direction assistée pneumatique, quand le véhicule n’était pas carrément immobilisé par manque d’air !
Le système de régulation électronique de Sécheron permettait en principe de confortables accélérations et décélérations progressives, même avec la pédale complètement enfoncée. Malheureusement, ce système, outre les inévitables maladies de jeunesse, demandait régulièrement un réglage, car il avait la fâcheuse tendance à faire « sauter des touches », avec des secousses désagréables pour les passagers debout. De plus, quand le bus était bien chargé, les démarrages manquaient de vigueur.
Transformations
La principale modification consiste en la suppression du poste du contrôleur dans les années 70 (situé à droite de la porte médiane). D’autres petites modifications visibles sont à relever, tels que la suppression de l’alternance haut/bas des clignoteurs dans les années 80 et le remplacement des phares frontaux par des projecteurs allogènes en 1990.
Etat actuel et projets
Immobilisé depuis peu, le trolleybus no 34 est encore en bon état de marche. Malheureusement, il ne sera pas possible, pour de nombreuses raisons, de le maintenir en circulation, même occasionnelle, sous les lignes électriques des TPF. Une solution est en cours d’étude : la construction d’une génératrice électrique remorquée.
Le CTF a aussi récupéré de nombreuses pièces de rechange sur des autres véhicules de la série, juste avant leur envoi à la ferraille.
Le trolleybus 34 porte le schéma de couleurs des années 80. Cette peinture étant en assez bon état, une remise aux couleurs originales n’est pas envisagée dans un proche avenir, d’autant plus que le véhicule n’est pas présenté au public.
Emplacement
Actuellement, le véhicule est garé dans une remise des TPF. Cette place est louée par l’association CTF. Cependant les revenus habituels de l’association ne couvrent pas ces frais de location. Si l’histoire de ce trolleybus vous intéresse, vous avez la possibilité de nous soutenir en devenant, vous aussi, l’un de ses parrains. Pour cela, nous vous invitons à consulter notre page sur le parrainage.
[right]Ce texte est une version spécifique et réduite de l’article concernant l’ensemble de la série 33-40.
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