- 1913 : mise en service
- 1965 : retrait du service, conservation par les TF
- 1967 : remise en cadeau à M. Arrivetz de Lyon (CFTM), entreposage dans une remise en gare de Givors
- 1972 : entreposage à l’air libre en gare de Tournon
- 1987 : entreposage dans une remise à Lamastre
- 2002 : entreposage dans une ancienne halle SNCF à Oullins
- 2008 : sauvetage et rapatriement par le CTF à Fribourg
Son histoire
En 1912-13, le réseau des TF s’agrandissait en direction du Nord-Ouest de la ville de Fribourg sur 3 km. Le cimetière de St-Léonard, ainsi que les quartiers du Palatina et Grandfey sont désormais desservis. Les petites motrices d’origine de 28 places ne suffisaient plus.
Dès lors 5 motrices (No 9 à 13) de plus grande capacité (45 places) ont été commandées et mise en service en 1913.
Ces motrices ont assuré la plus grande partie du service jusqu’au dernier jour le 31 mars 1965. Il n’y a pas eu d’autres séries de trams construites pour Fribourg ultérieurement.
La fin de carrière
Au soir du 31 mars 1965, les tramways sont rentrés pour la dernière fois au dépôt. De la série 9-13, trois voitures sont initialement préservées, dont seule la 9 subsiste encore aujourd’hui.
La motrice 10, après avoir passé 25 ans dans la cours d’un institut pour enfants handicapés, a passé en possession du Club du Tramway de Fribourg jusqu’en 2009, avant de céder définitivement le pas à la motrice 9. La motrice 11 avait également été placée durant quelques années dans un cours d’école, avant d’être démolie suite aux déprédations diverses.
Des motrices, dont la 9, n’ont pas circulé le dernier jour ; la 2 déjà envoyée à la casse le même jour, puis ici de gauche à droite : la 1, le wagon de service, la 5, 7, 8, 11, 9. Ensuite les 12 et 3 déjà rentrées. Les motrices 4 (décorée), 6, 10 et 13 sont encore sur le réseau. (A.-C. Betticher, archives CTF)
Une retraite nourrie d’espoirs
Après l’abandon du tramway, les TF conservent la motrice 9 ainsi que la motrice 6, datant de 1900, sur la voie de garage à côté du dépôt de Pérolles.
En 1967, la 9 fut offerte par la ville de Fribourg à Monsieur Jean Arrivetz de Lyon, une personnalité très active dans la sauvegarde et la promotion de chemins de fer touristiques français, qui avait reçu le prix Chatrian décerné par les éditions La Vie Du Rail pour son livre « Histoire des transports à Lyon ». Il fit part, lors de son discours de remerciement, de son projet de ligne tramway musée près de Lyon. Dans la salle se trouvait une personne représentant les transports fribourgeois qui lui fit don de la motrice 9. Pour l’anecdote, ce lyonnais débordant d’ambitions est l’une des personnes à qui l’on doit la sauvegarde initiale du « Mastrou » (ligne CFD Tournon – Lamastre, ou chemin de fer du Vivarais) entreprise à la même époque...
La 9 prit donc le chemin de fer en direction Givors (Sud de Lyon), où elle fut abritée dans la remise du triage de Badan. D’autres tramways suisses et français viennent peu à peu compléter la collection, mais le projet de la ligne de tramway ne se concrétise pas. En 1972, le CFTM (« Chemins touristiques et de montagne ») prenant définitivement ses racines sur l’ancienne ligne CFD du Vivarais, le matériel fut transféré en gare de Tournon à l’extérieur. Les caisses en bois souffrant des intempéries, une solution est trouvée en 1987 à Lamastre, où tout le matériel put être abrité sous une ancienne grange. Le CTF, durant ses premières années, s’intéresse une première fois à la motrice 9, mais Monsieur Arrivetz travaille toujours sur le projet d’une ligne de tram touristique à Lyon.
Pourtant en 2002, la collection est menacée : le terrain de Lamastre doit être libéré. Heureusement une issue est trouvée du côté des anciens ateliers SNCF de Oullins où tout le matériel put être abrité. Une solution satisfaisante dans un premier temps, mais les lieux, proches de la ville, très vastes et non sécurisés, furent rapidement le théâtre des pilleurs de métaux et des vandales. Contrôleurs littéralement disloqués, câbles volés, vitres cassées, graffitis offrent une spectacle désolant aux propriétaires de la collection…
Comme si ces malheurs ne suffisaient pas, le terrain de Oullins doit être libéré pour la fin 2008. Le projet de ligne de tramway touristique lyonnais reste toujours sans dénouement, les voitures sont dans un triste état et le CFTM vit des moments très difficiles avec la fermeture forcée du Mastrou. La collection est à nouveau menacée, très sérieusement cette fois-ci. Finalement, les propriétaires doivent se mettre à l’évidence, on ne peut pas tout garder ! Tous les trams suisses sont proposés aux associations des différentes villes d’origine.
C’est ainsi, qu’au terme d’une action coup de poing coûteuse et médiatisée menée en automne 2008, le CTF a reçu comme cadeau de Noël un « nouveau » tram, cette fois-ci complet.
Mais le CTF devait encore accomplir une tâche moralement pénible. En effet, il n’était pas possible financièrement de conserver deux trams, qui en plus sont identiques. La motrice 10, très incomplète, et dont la rénovation entreprise dans les années 1990 n’était pas près d’aboutir, a donc été démolie en été 2009. Quelques bons éléments ont été récupérés.
Les caractéristiques
Ces motrices, calquées sur celles de Neuchâtel construites l’année précédente étaient très réussies et appréciées, tant par le public que par le personnel. Les bancs sont longitudinaux.
Ces voitures à deux essieux n’ont pas de truck indépendant. Un cadre indépendant des ressorts de la caisse supporte les freins. Ceux-ci peuvent alors suivre les mouvements des roues indépendamment de la caisse.
| Année de mise en service | 1913 |
| Constructeur | SIG - IEG |
| Longueur | 9,20 m |
| Empattement | 3.00 m |
| Largeur | 2.00 m |
| Poids | 11’800 kg |
| Puissance | 2 x 50 CV |
| Vitesse max | 30 km/h |
| Places | 45 dont 18 assises |
Son sauvetage
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Son bilan de santé
Miraculeusement la motrice est relativement complète, seuls manquent une girouette, les lampes intérieures et les plaquettes d’inscription et une partie de l’installation électrique.
Suite à 15 ans d’entreposage à l’air du temps, la charpente en bois a passablement souffert et laisse présager quelques surprises cachées derrière les tôles. Le lanterneau, point faible de ces trams, a très fortement fléchi. Des sondages et une expertise par un professionnel du bois devront encore être effectuées.
Suite aux vandalisme et pillage dans le hangar de Oullins, la carrosserie a été taguée, les vitrages cassés et les éléments en métaux précieux en grande partie volés. Les contrôleurs ont été totalement détruits.
Le châssis est en bon état ; suite à un incident de manoeuvre en gare de Tournon, un ramasse-corps est détruit et la carrosserie en dessus est enfoncée.
Perspectives et rénovation
Suite à la révision des buts du CTF, il n’est plus question de créer une ligne de tram touristique. Dès lors, et contrairement à la motrice 10 en 1992, une rénovation technique en profondeur n’est pas prévue.
Le but est de lui redonner un état présentable, mais non fonctionnel. Cela nécessitera tout de même la reconstruction du toit, la réparation de la plateforme accidentée (carrosserie, chasse-corps), la réfection de totale de l’aménagement intérieur (parois, plafond, banc, lampes,...) et de la carrosserie.
L’objectif est de lui redonner son éclat pour son centenaire en 2013...
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