Histoire
En 1976, dans le cadre du « bi-centenaire », une ligne touristique à voie étroite longue de 3/4 de mile fut construite à Detroit (USA) offrant une relation durant toute l’année entre diverses attractions telle que « Grand Circus Park » et « Cobo Hall ». Les agents sont des employés du département des transports. L’écartement étroit a été choisi en fonction des véhicules disponibles à l’époque : le réseau original de trams ayant disparu depuis les années 50 et les motrices vendues à Mexico, 7 motrices à 2 essieux de Lisbonne ont été acquises, plus 2 autres provenant d’autres ville européennes.
Parmi ces véhicules, la motrice ex-TF 4 de 1898, jusqu’alors conservée dans un musée à Ohio, a été restaurée et adaptée à l’écartement de 90 cm. Le principal sponsor de sa restauration étant la société Nestlé, ce qui explique la livrée verte initiale du tram Vevey - Montreux - Chillon, perdant ainsi son identité fribourgeoise, mais conservant son numéro 4. L’installation d’un frein à air comprimé fait partie des principales modifications.
La ligne fut encore prolongée de ¼ de mile en 1980 vers le « Renaissance Center ». Le coût final de l’installation s’élevait à $2.72 million, dépôt inclu ($422,000). Le financement provient de diverses sources au niveau national, de l’état et de la ville.
Tableau des véhicules du tramway touristique de Detroit (voir la source) :
| No | Type | Constr. | Origine |
|---|---|---|---|
| Car #1 | Closed | 1899 St. Louis | Lisbon |
| Car #2 | Closed | 1899 St. Louis | Lisbon |
| Car #3 | Closed | 1899 St. Louis | Lisbon |
| Car #4 | Closed | 1925 St. Louis | Lisbon |
| Car #5 | Closed | 1925 Lisbon | Lisbon |
| Car #247 | Open Air | 1901 Philadelphia | Lisbon |
| Car #6 | Closed | 1899 St. Louis | Lisbon |
| Car #14 | Open Air Double Decker | 1904 Britain | Burton-Trent, England |
| Car #4-Nestle | Closed | 1895* Berlin | Vevey*, Switzerland |
*Vous aurez remarqué que les connaissances historiques ont parfois bien du mal à traverser l’Atlantique !
Le déclin
Du record de 75’000 voyageurs en 1979, la fréquentation a chuté à 3’350 en 1988. D’un service à 10 minutes, la cadence chute à 20 minutes. En septembre 2001, la ligne fut raccourcie d’un bloc pour faciliter la construction d’un aménagement routier. En décembre 2001, un premier quai surélevé a été construit à un arrêt sur la « Jefferson St. » avec rampe d’accès pour les fauteuils roulants. Ceci déclenche des spéculations au sujet d’un plan de transformation des automotrices pour permettre l’embarquement des personnes en fauteuils roulants.
L’état de la voie se dégradant rapidement, l’exploitation de la ligne touristique devient de plus en plus sporadique, et la vitesse considérablement réduite. Les sorties de la 4, capricieuse avec son petit empattement sont évitées. En janvier 2003, l’exploitation continue sur une partie de la ligne avec une seule voiture en ligne et un service à l’heure. Des discussions pour réhabiliter la ligne ont cours, mais la ville ne soutient plus la ligne ferroviaire, coûtant 100$ par passager (pour un ticket à 50 cents), les autobus étant plus fiables en hiver, et offrant une plus grande flexibilité pour les services spéciaux.
Le 15 janvier 2003, la motrice fribourgeoise 4 ainsi que la motrice 247 sont embarquées sur une camion pour une « reconstruction » à Seattle. La seconde devrait recevoir des modifications pour accueillir les fauteuils roulants.
L’exploitation de la ligne est provisoirement suspendue dès le 21 juin 2003, remplacée par un service d’autobus. La fermeture est annoncée officiellement en novembre 2003, en prévision de la reconstruction des boulevards. Des discussions pour déplacer la ligne le long de la côte n’ont pas abouti.
En février 2004, le dépôt est démoli, et les 9 motrices, que la ville prévoit de vendre, sont déplacées en divers endroits à Détroit et à Seattle pour réparation. La voie et la ligne de contact est démantelée en plusieurs endroits, surtout sur le boulevard de Washington. Une polémique s’installe, les opposants jugeant que ce démantèlement est une perte sur plusieurs points de vue. Certains accusent une construction bâclée pour être terminée à temps pour le bi-centenaire.
Rapatriement en Suisse ?
En mai 2005, grâce à une chaîne de contacts passant par la Belgique ( !), nous recevons la confirmation que le matériel roulant est toujours en possession de la compagnie des transports de Detroit, et que la motrice ex-TF 4 est à vendre, après avoir bénéficié de travaux d’entretien (restauration ou réparation ?).
Anticipons un peu votre pensée... Un rapatriement à Fribourg est-il envisageable et vaut-il la peine ?
Dans les arguments positifs, citons que la motrice ex-TF 4 serait l’unique représentante de la série 1-4 de 1897-98 en Suisse (la motrice 1 appartient à l’AMTUIR à Paris), et qui plus est la plus ancienne motrice de tramway en Suisse en état de marche sur son châssis original, après la motrice du VMC (1888, n° 4 elle aussi...) exposée au musée des transports à Lucerne ! A côté de notre « 10 » fortement dépouillée, ce serait aussi le seul tramway relativement complet de la collection.
D’un autre côté, outre le problème de la remise en « état fribourgeois » (rétablir l’écartement à 1 mètre, nouvelle peinture, dépose du frein à air et autres surprises), le rapatriement de ce tram incomberait logiquement au Club du Tramway de Fribourg. Mais nous devons prioritairement nous préoccuper du maintien dans de bonnes conditions de notre collection actuelle de 5 véhicules, ce qui n’est pas encore gagné à moyen terme (au delà de 2007). Car financer le rapatriement est déjà une grosse affaire pour nous, mais conserver le tram à long terme en est une autre...
Dans l’état actuel de la situation du CTF, un tel projet n’est donc envisageable qu’en l’intégrant dans celui de notre dépôt-musée, permettant enfin de réunir quasiment toute la collection en un seul endroit, et assurer à long terme la conservation de notre collection.
Mise à jour du 21.09.2005
La motrice 4 se trouve toujours à l’atelier HRR (Historic Railway Restoration) où elle vient de recevoir une révision complète ! Elle est toujours aux couleurs de Vevey. Detroit veut maintenant vendre la motrice, et vu son état rénové, le prix de vente est un nombre à 6 chiffres déjà bien corsé. A cela s’ajouterait les frais de rapatriement et de remise en état fribourgeois, dont une peinture bleu/blanc sur une peinture verte pourtant toute neuve...
Sources des informations et images :
http://www.railwaypreservation.com/...
http://www.ci.detroit.mi.us/ddot/dd...
Detroit news
Detroit free press
http://web.presby.edu/~jtbell/trans...
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